Remplacement dans le 1er degré 92 ou comment gérer la pénurie ?

A l'occasion d'un groupe de travail, le DASEN a présenté aux organisations syndicales le projet ministériel de réorganisation du remplacement.

La question du remplacement dans le premier degré est un enjeu majeur pour la qualité du service public d’éducation, pour les conditions de travail des personnels et pour la continuité pédagogique des élèves. De nouvelles évolutions sont actuellement discutées par le ministère et les DSDEN. Celles-ci pourraient entraîner une réorganisation profonde du dispositif à la rentrée 2026.

Ce qui est proposé

Le ministère envisage de réorganiser le dispositif de remplacement en :

  • fusionnant tous les types de remplaçants (TR, brigades, etc.) en un unique vivier départemental ;

  • élargissant les zones d’intervention à l’échelle départementale (au détriment de la proximité de circonscription) ;

  • généralisant l’usage d’une nouvelle application informatique de gestion des remplacements.

La position de la CFDT Éducation

La CFDT Éducation, à travers ses interventions nationales, académiques et locales, a formulé une réponse syndicale très claire : pour nous, restructurer sans renforcer les moyens n’est pas une solution viable.

Former un vivier unique dégrade l’attractivité

Dans notre département, pas moins de 50 postes de remplaçants sont actuellement vacants. Pour la CFDT, changer de modalité d’affectation ne suffira pas à régler la problématique du remplacement.

La recherche d’efficacité ne peut pas passer par une délocalisation excessive du remplacement. Cela éloigne les remplaçants de leur lieu de vie et de leur connaissance du terrain.

Proximité, gestion humaine et connaissance du terrain

La CFDT rappelle que l’outil informatique proposé par le ministère ne doit pas devenir un mode de pilotage exclusif :

  • une gestion humaine, basée sur la connaissance des écoles, des remplaçants et de leurs compétences, est indispensable ;

  • la proximité géographique (zones de remplacement infra-départementales) doit être préservée ou créée autant que possible.

Maintien des spécificités (REP+, ASH…)

La CFDT insiste sur la nécessité de préserver les postes spécialisés.

Les brigades REP+ jouent un rôle essentiel dans l’éducation prioritaire. Elles permettent aux remplaçants de s’intégrer réellement dans les équipes, de connaître les élèves et les pratiques pédagogiques, et de garantir la mise en œuvre des demi-journées de pondération.

Transparence et pilotage équitable

La mise en place d’un nouveau logiciel de gestion des remplacements pose de nombreuses questions :

  • comment garantir la place respective de la DSDEN et des circonscriptions ?
  • comment assurer une équité réelle entre circonscriptions ?

Une application seule ne suffit pas à garantir un pilotage juste et équitable si les choix locaux ne sont pas transparents, discutés et accompagnés.

Les actions en cours

La CFDT a porté toutes ces revendications aux niveaux national, académique et départemental (voir l’article de la CFDT Education suite au groupe de travail ministériel).

Dans les Hauts-de-Seine, les actions sont discutées et décidées avec toutes les organisations syndicales. Nous avons envoyé un courrier commun sur ce sujet au DASEN :

Nous avons pu également organiser des rassemblements les 26 et 27 janvier dernier pour défendre les spécificités des brigades REP+ de Gennevilliers et de Nanterre. A cette occasion, la quasi totalité des écoles de REP+ était fermée.

D’autres actions sont en préparation, une pétition en ligne devrait prochainement être publiée. Et nous devrions à nouveau rencontrer le DASEN pour lui faire part du mécontentement de la profession, et lui faire remonter nos revendications.

                       

Rassemblements devant la DSDEN, les 26 et 27 janvier dernier.