Le Comité Social d’Administration du Second Degré (CSA SD) des Yvelines s’est tenu le lundi 9 février 2026 dans les locaux de la DSDEN à Guyancourt. Cette réunion paritaire annuelle a pour but la ventilation des moyens reçus par le département pour couvrir les besoins des EPLE.
Lors du CSA académique, chaque département reçoit une enveloppe d’heures. Cette année, le département 78 a reçu :
- 77 637 heures pour les collèges dont 6 592 en HSA (heures supplémentaires annuelles)
- 3 207 h pour les Segpa (moyens quasiment inchangés par rapport à 2025)
- 78 834 h pour les lycées dont 10 688 HSA.
Si les moyens annoncés sont légèrement en hausse par rapport à l’an dernier, dans les faits les heures ventilées sont à la baisse. Il est difficile dans ces conditions de comprendre comment pourrait être créés les 15 postes supplémentaires annoncés lors du CSA académique.
En tant que représentants syndicaux, nous échangeons avec notre administration pour mettre en évidence les insuffisances, les incohérences voire les oublis ou erreurs. Nous devons reconnaitre que le travail préparatoire des services est de qualité et que les documents fournis, en particulier pour les collèges, sont précis et très facilement manipulables.
Quels constats et interrogations pour la rentrée 2026 ?
- En collège
Le département va connaître une légère baisse des effectifs soit 344 élèves de moins que l’an dernier. Cela se traduit par une baisse des postes à pourvoir et la suppression de 16 ETP (Equivalent Temps Plein). Pour l’ensemble des collèges, ce seront, au total, 13 divisions qui seront fermées mais la situation est très variable d’un bassin à un autre. La démographie scolaire étant très différente selon les communes.
Un élément a particulièrement attiré l’attention de notre syndicat. La mise en place dans notre département du plan ministériel dit « 800 collèges en progrès ». 20 établissements du département sont désignés par ce label qui met l’accent sur la faiblesse des résultats au DNB et aux évaluations de 6e alors que la part du contrôle continu et les différences de notations entre établissements peuvent grandement modifier les résultats finaux. Plus problématique encore, dans les Yvelines 11 des 20 établissements labellisés vont perdre des moyens par rapport à l’an dernier dont 4 alors même qu’ils ont des effectifs croissants. Les établissements du plan « 800 collèges » situés en territoire d’éducation prioritaire perdent la « marge d’IPS » cette compensation découlant de la fragilité socio-économique des familles dont est issue une part importante des élèves. Le plan donne donc moins à ceux qui en ont le plus besoin.
Pour terminer, il est important de souligner que le nombre de classes de SEGPA n’est pas modifié, que tous les dispositifs ULIS qui accueillent des élèves à besoins pédagogiques particuliers et les UPE2A qui scolarisent des élèves non francophones sont maintenus.
Pour les collèges et les dispositifs particuliers, les réserves sont très faibles (1% des heures restent à ventiler) et les ajustements de rentrée seront donc marginaux dans la limite de 5 divisions supplémentaires pour tout le département, soit une centaine d’heures.
- En Lycée

Le département va connaître une légère augmentation des effectifs de l’ordre de 352 élèves. Cela se traduit par une création de 14 postes en Equivalent Temps Plein (ETP) mais quelle surprise que la dotation supplémentaire en ETP se traduit par la fermeture nette de 4 divisions en lycée ! La conséquence est évidente: le taux d’encadrement des élèves va encore se dégrader.
Le post-bac consommera 9 231 soit 11.5% de la DGH total des lycées mais aucun effectif n’est communiqué par le DSDEN.
Au total, collèges et lycées confondus, le second degré perd donc 17 divisions !
Les revendications de la CFDT
Si la direction académique fournit un tableau de la ventilation des moyens par lycée, ce dernier souffre de plusieurs « oublis » très préjudiciables. Les effectifs par division et section ne sont pas communiqués aux représentants syndicaux qui, pourtant, les réclament. De la même façon, les effectifs du post-bac restent inconnus et ne permettent pas d’évaluer le H/E (heures par élèves), qui, s’il n’est pas une clé de répartition de la DGH, est une base de réflexion en termes de ventilation des moyens.
En outre, la « marge établisement » et la « marge octroyée au titre d’un indice de positionnement social (IPS) » plus faible que la moyenne départementale ne sont pas connues. Nous savons simplement que cette année, la marge d’IPS ne représente que 0.2% des moyens soit 158 heures pour tous les lycées et qu’elle est répartie entre 36 établissements (sur 49 lycées) ayant un IPS inférieur à 130. Pourquoi la DSDEN retient-elle cette valeur de 130 alors que la moyenne départementale est de 114.8 ?
Les établissement les plus fragiles reçoivent-ils plus que les autres ? Impossible à dire puisque la DSDEN ne souhaite pas communiquer les heures octroyées à chaque établissement ! Aucune clé de répartition n’est donnée. Il est impossible de savoir si ceux accueillant les publics les plus défavorisés (IPS inférieur à 90) reçoivent plus. Dans l’immense majorité des cas ce sont des lycées professionnels ou les sections professionnelles des lycées polyvalents.
Au final, c’est donc une infime partie des heures qui est utilisée pour compenser les différences socio-économiques des territoires et promouvoir l’équité scolaire.
L’absence de transparence dans la répartition des moyens en lycée cache un loup ! Elle permet des arbitrages souvent défavorables aux établissements et empêche toute comparaison entre eux. On comprend alors pourquoi, dans de nombreux lycées, il est impossible d’offrir aux élèves les horaires réglementaires dues sans sacrifier les allègements de classe, les options ou l’enseignement de certaines spécialités jugées à trop faibles effectifs ou trop consommatrices.
La CFDT Education Formation Recherche Publiques dans l’académie de Versailles rappelle qu’elle est attachée à une école publique plus juste, plus inclusive mais disposant de moyens réels et suffisants pour lutter contre les inégalités scolaires et rendre effectif l’accueil d’enfants à besoins pédagogiques particuliers de plus en plus nombreux et malheureusement de moins en moins pris en charge à hauteur des besoins réels.
C’est la santé, les conditions de travail et la qualité de vie de tous les personnels qui sont mises en danger par l’insuffisance locale ou générale de la dotation globale horaire.
C’est pourquoi la CFDT s’associe à l’appel à une mobilisation, le mardi 17 février, en soutien à tous les établissements qui souhaiteraient mener des actions locales.